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Avant-Propos

Cette ruine aurait été construite entre le XII et le XVème siècle. Maintes fois remaniée, sa structure originelle est difficile à définir.
Habité jusqu'en 1922 env., le château est depuis laissé à l'abandon, état agravé par la prise de pierres, charpentes et autres éléments qui ont servi à construire les habitations proches.

1964

 Pour nous, tout commence en 1964. Mes grands-parents cherchent alors à acquérir une résidence secondaire. Après quelques visites de maisons, moulins, granges et autres, ils tombent d'accord sur une ancienne maréchalerie avec habitation mitoyenne, perdue au milieu de nulle part, dans les courbes de la Charente. Sur le terrain, une vieille ruine - dont les pierres ont servies à la construction des quelques maisons de ce lieu-dit et des alentours - sert de repère aux chouettes et aux reptiles. En fait, depuis cette époque, mis à part la charpente qui s'est effondrée, peu de pierres sont tombées.

de 1964 à 1993

 Durant notre enfance, approcher du château était proscrit: risque de chute de pierre, reptiles en tout genre (en fait surtout des couleuvres et des lézards), et de toute façon, les ronces en avaient fait un remake de la belle au bois dormant version budget charentois. Le château reste donc à l'état de ruine abandonnée. Et puis un jour, la curiosité l'emportant sur les injonctions des parents (et peut-être aussi l'ennui grandissant face au manque d'activité du coin), mes frères et moi, armés de nos bouts de bois laser et nos bottes à coussin d'air plastique, on est partis à la conquête de la tour de Babel.

de 1993 à 2004

 Une fois passé l'appréhension des ronces, on se rend compte qu'il subsiste encore des salles.. enfin des murs... enfin des pierres ayant un semblant d'agencement, un reste de fresque, et... pas grand chose en fait.
On rentre par la fenêtre puisque les crues ont ramené leur volume de terre, de pierres, et les arbres ont planté leurs racines; la nature y a fait sa vie...
Comme je l'ai déjà dit, dans le coin de VilleChaise, à part élever des vaches et des moutons, il n'y a pas beaucoup d'occupation, la rivière et basta, quand on n'a pas le permis, on n'a pas les moyens d'aller s'emmerder en "ville", alors là, c'était l'aubaine à saisir, surtout que j'ai toujours aimé me foutre la terre sous les ongles, et voir les ampoules surgir et disparaitre sur mes mains de citadin.
Autorisation parentale, pelle, pioche, brouette... On retire peu à peu des dizaines et des dizaines de gravats, d'abord en famille.. puis mon père et moi,... et puis depuis quelques années, tout seul... Ma copine m'aide depuis 2 ans, on a le temps devant nous et durant les pauses, on s'imagine le jour où le château sera de nouveau habité (par les chouettees, lézards, mulots, crapauds, serpents, fourmis et autres spécialités campagnardes)


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2004